lundi 14 septembre 2015

Drôle d'odeur


Les accords de Schengen ont été signés en 1985 par des membres de la Communauté économique européenne, l'ancêtre de l'Union européenne. Ils prévoyaient l'abolition des frontières afin de faciliter la circulation des biens et des personnes. Avec la création d'une monnaie commune – l'euro – la ratification des accords de Schengen a constitué le moment fondateur de l'Europe unie telle qu'on l'idéalisait à l'époque.

Or voici que, coup sur coup, deux événements majeurs viennent ébranler la construction européenne. D'abord, la crise grecque qui est venue bien près d'amener le retrait d'un membre de l'«espace euro» et de mettre en péril la monnaie commune. Ensuite, celle à laquelle on assiste présentement, celle des migrants qui affluent en tel nombre que même les pays les plus riches de l'Union – l'Allemagne, en fait – sont obligés de recourir à des mesures d'exception, comme par exemple boucler leurs frontières à double tour. 

Il s'agit de la suspension unilatérale des accords de Schengen, un geste à la suite duquel il ne pourra plus y avoir de retour en arrière. Désormais, dans les faits, l'Union européenne n'est plus pérenne; elle n’existe plus qu'au gré des circonstances.

Ce qu'il est amusant de constater, c'est que c'est justement un flot anormalement élevé de réfugiés ayant quitté l'Europe de l'Est – via la Hongrie et l'Autriche, déjà... – qui avait précipité la chute du socialisme, en 1989. D'ailleurs, des pays européens parlent déjà de construire un mur à leur frontière dans l'espoir de contenir la marée humaine qui se précipite vers eux.

Étrange que ceux qui avaient applaudi la fin du Mur de Berlin, il y a un quart de siècle, soient silencieux sur ce point, aujourd'hui. 

Ça sentirait la fin de règne que je ne serais pas surpris.

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